soutien pour les braves

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almouhit
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soutien pour les braves

Messagepar almouhit » mer. nov. 26, 2008 4:21 pm

salam;

je voudrais que nous pensions un peu aux habitants de Gaza qui vivent des moments difficiles sous embargo et qui manquent des denrées de base pour leur survie, de médicaments,...
Que font les musulmans pour aider les Palestiniens ? les états des pays arabes voisins et surtout l'Egypte qui ferme ses frontières avec Gaza ; on croirait une punition collective surtout quand on entend la journée mondiale des droits de l'homme je me demande de quel homme s'agit-il ;

n'oublions pas de demander Dieu avec les Palestiniens dans nos prières ; réagissez même avec un mot ne laisser pas ce post sans réponse
alyamama
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Messagepar alyamama » mer. nov. 26, 2008 5:20 pm

Salam,

Nous ne pouvons hélàs pas faire grand chose face à l'injustice que nos frères et soeurs subissent quotidiennnement.
Une pensée dans nos prières voilà le minimum que nous puissions faire. Que Dieu protège les musulmans et leur vienne en aide.
Ozan
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Messagepar Ozan » mer. nov. 26, 2008 5:31 pm

Salam

pour ma part je prie chaque jour pour tous les palestiniens , peu me chaut , leur religion , ce qui se passe à Gaza est une honte pour tous les pays qui assistent à çà sans broncher
j'avoue que j'arrive pas à comprendre ,, çà fait depuis mon plus jeune age que j'assiste à ce combat , à croire que çà doit rapporter à quelqu'un tout çà

Ozan
Nefertiti31
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Messagepar Nefertiti31 » mer. nov. 26, 2008 6:40 pm

salem;;

comment rester insensible face a la souffrance du peuple palestinien, je voudrais a travers ce post , soutenir les palestiniens dans leur douleur et souffrance,il faut que chacun de nous ait une prière et une pensée pour eux et de prier pour leur libération de cette prison qu'est devenue Gaza...
grazou31
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Messagepar grazou31 » mer. nov. 26, 2008 8:28 pm

salam aleykoum tout le monde
Ce qui se passe en Palestine est d'une horreur sans nom! La Palestine est le symbole de l'oppression d'un peuple qui n'a rien demandé au nom de combats et manipulations politique ignobles!
En ce moment j'étudie en histoire le moyen Orient au XXème siècle, on travaille sur la génèse du conflit et bien je peux vous dire que ça met en colère et très profondément, j'essaierais de faire un post pour résumer les causes du malheur palestinien, mais c'est quand même quelque chose d'assez compliquer à résumé donc je garde ça pour une autre fois!
socrate
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Messagepar socrate » jeu. nov. 27, 2008 7:55 am

grazou31 a écrit :salam aleykoum tout le monde
Ce qui se passe en Palestine est d'une horreur sans nom! La Palestine est le symbole de l'oppression d'un peuple qui n'a rien demandé au nom de combats et manipulations politique ignobles!
En ce moment j'étudie en histoire le moyen Orient au XXème siècle, on travaille sur la génèse du conflit et bien je peux vous dire que ça met en colère et très profondément, j'essaierais de faire un post pour résumer les causes du malheur palestinien, mais c'est quand même quelque chose d'assez compliquer à résumé donc je garde ça pour une autre fois!


salam grazou, vas y, poste!
Omar799
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Messagepar Omar799 » jeu. nov. 27, 2008 8:35 pm

Salam !

Je me joins à vous tous pour ce cris de consternation contre les horreurs que subissent nos frères et sœurs en Palestine et à Gaza en particulier sans que nos gouvernants arabes ne bougent concrètement Le petit doigt pour leur venir en aide !

Voilà encore autre des preuves de Solidarité arabo-musulmane...

Les égouts bouchés à Gaza...
La misère...famine...sévissent...

Des milliards de petrodolards arabes se volatilisent dans des casinos...

Entre temps les mouvances politico-religieuses palestiniennes s’entretuent pour seul but de s’accaparer du pouvoir et des fonds au seul profit de leur entourage...

Voyez-vous nous les Arabes combien nous sommes... ?????


Sinon le conflit israélo-palestinien est très complexe...

Pour ma part, toute ma compassion et solidarité sont avec les citoyens civiles de tout bord qui souffrent de la barbarie humaine de par le Monde entier !


P.S: désolé pour les «..». successifs mais impossible d’appréhender l’infini...
Modifié en dernier par Omar799 le sam. nov. 29, 2008 2:50 pm, modifié 1 fois.
muslima008
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soutien d'une soeur

Messagepar muslima008 » jeu. nov. 27, 2008 9:11 pm

une grande pensée a tous nos frère et soeurs palestiniens ou autres musulmans qui souffrent dans ce bas monde.Qu Allah azouajel les aident dans l'endurrance et la patience, viendra le jour du jugement ou chacun sera jugé sur ce qu il a fait.ils seront alors récompensé pour tout ce qu'ils ont subit.Qu Allah les protège et les guide sur son droit chemin ainsi que tout les muslims.amine
aman
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Messagepar aman » jeu. nov. 27, 2008 9:50 pm

alyamama a écrit :Salam,

Nous ne pouvons hélàs pas faire grand chose face à l'injustice que nos frères et soeurs subissent quotidiennnement.
Une pensée dans nos prières voilà le minimum que nous puissions faire. Que Dieu protège les musulmans et leur vienne en aide.



Salam 3alikoum wa rahmatoullah wa barakatouh :wink:

La fraternité est une belle aumône qui coûte peu mais reste lourde auprès d'Allah soubhanou :wink:

A chacun ses moyens pour aider notre frères et soeurs qui souffrent dans le monde, des dou'a sont très utiles, car elles sollicitent la miséricorde de notre seigneur Allah l'exalté, mais des moyens plus éfficaces existent des associations humanitaires de récolte de fond, parrainage d'orphelin.

Il me semble que le devoir de tout musulman et d'aider son frère, par une intention sincère et embellir cette intention par un acte est encore mieux :wink:

Car se contenter d'une attitude passive c'est minimiser le rôle de l'être humain sur terre, Allah soubhanou aime que l'on soit fort dans nos actions, que notre adoration passe par le sacrifice de soi :wink:

Le musulman par sa croyance aux signes divins doit vraiment se distinguer dans sa personne et dans la beauté de sa foi dans son âme. :wink:

Certes il ne peut comme le dit Mohammad el Gazhali imposer cela autour de lui, il reste néammoins comme une montagne élevée, qui n'a pas été emporté par les flots de l'ignorance.
D'ailleurs que peuvent les gens devant un individu fier de sa foi et se sentant fort en raison de son lien avec Allah soubhanou et de sa rectitude dans la foi, même si ils s'acharnent tous sur lui, ils ne peuvent l'atteindre ni partiellement ni totalement. :wink:

El hamdoulilah, c'est comme cela que le peuple palestinien patiente dans la vérité :wink:

Oui nous pouvons à notre échelle, faire quelque chose, car si la oumma était beaucoup plus impliqué, la terre palestinenne n'en serait pas là.

C'est mon humble avis :wink: qu'Allah nous aide à nous aimer mutuellement et à faire preuve de fraternité :wink: Amîne

Wa Salam
grazou31
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Messagepar grazou31 » sam. nov. 29, 2008 10:28 pm

salam aleykoum,


Bon voilà la première partie du résumé dont je vous ai parlé, je mettrais la suite plus tard parce que comme je l'ai dit c'est long et compliqué donc ça sera en plusieurs morceaux, voici la première partie :


L’installation massive de juifs en terre palestinienne est largement due à la naissance du courant sioniste, qui exprime la volonté des juifs d’Europe de créer un Etat pour le peuple juif.
Plusieurs facteurs expliquent cette revendication, tout d’abord en Europe rien n’est fait pour permettre une bonne intégration juive, ils vivent essentiellement en communauté, voire dans des ghettos, de plus ils sont l’objet de nombreuses discriminations, qui vont de l’interdiction de pratiquer certains métiers, à la limitation de leur droit de propriété.
De plus partout en Europe se construisent les états nations, et commencent les revendications du principe souverain, c'est-à-dire le droit à un peuple de disposer d’un état.

En Russie dans les années 1880 ont lieu les premiers pogroms de juifs qui font des centaines de mort. C’est dans ce contexte que naissent les premières idées sionistes.
Le principal instigateur de ce mouvement est un juif hongrois Theodor Herzl, il publie un livre intitulé l’état juif et recherche des fonds et des appuis politiques pour financer le projet sioniste.
En 1897 a lieu le premier congrès sioniste mondial Herzl y expose son projet qui est l’établissement d’un foyer juif en Palestine reconnu par le droit international public, et à terme l’émigration libre des juifs vers la Palestine.
Ici il faut bien comprendre que Herzl parle d’un état juif en Palestine qui est le but final du sionisme politique.

Différent courant sionistes parcourent l’Europe et tous ne souhaitent pas l’établissement en terre Palestinienne, certains juifs étaient d’accords pour s’installer dans un autre pays, ils étaient cependant minoritaires et moins influents.

Dès le départ le projet sioniste est rejeté par les arabes et avec les premières alyah (= migrations) les tensions entre juifs et arabes se font ressentir et en 1908 éclate une émeute à Jaffa. Plusieurs facteurs l’expliquent, tout d’abord, la grande différence de mœurs entre des juifs qui viennent pour l’essentiel d’Europe de l’est et les palestiniens. Mais la principale raison reste les conflits pour la possession de la terre.
En effet sous l’empire ottoman les terres agricoles palestiniennes sont possédées par de grands propriétaires arabes venant d’un peu partout dans l’empire (Damas, Bagdad mais aussi l’Egypte), et sur ces terres travaillent des paysans palestiniens.
Les propriétaires vont peu à peu vendre leurs terres palestiniennes sans se soucier des visées sionistes des acheteurs.

Dans un premier temps les juifs ne changent pas le système d’organisation, et emploient les travailleurs palestiniens, mais très vite au nom de la cause sioniste les paysans palestiniens vont être renvoyés au profit des travailleurs juifs.
Plusieurs facteurs viennent expliquer ce comportement, notamment l’influence de l’économie socialiste héritée du communisme.
En effet les premières alyah proviennent essentiellement des pays d’europe de l’est où se développent les idées qui mèneront à la révolution russe de 1917, parmi les idées directrices en matière d’économie, il y a le collectivisme, ce qui deviendra plus tard les kolkhozes en URSS, deviennent pour les migrants juifs les Kibboutz c'est-à-dire le travail de la « terre juive » par des paysans juifs.

Face à ces réactions arabes, les juifs tentent de trouver du soutien en dehors de la Palestine, par le biais de l’empire Ottoman,
(je rappelle que la Palestine à cette époque, c'est-à-dire avant la première guerre mondiale faisait partie de l’empire ottoman comme la majorité des pays arabes).

Ils parviennent à avoir des contacts avec un parti ottoman qui semble donner leur accord à la migration juive tout en prônant l’égalité entre juifs et palestiniens

Voilà pour les premières installations des juifs en Palestine et le début du sionisme ainsi que ses objectifs,

mes sources proviennent essentiellement d’un livre intitulé Le Moyen Orient au XXème siècle de Vincent Cloarec et henry Laurens le premier étant agrégé d’histoire et chercheur au CNRS et le second professeur universitaire.

Ce que je retiens avant tout de l’émergence du sionisme c’est qu’il s’agit avant tout d’un mouvement politique, enfin on peut noter une certaine responsabilité de l’Europe dans la genèse de ce mouvement qui puise ses racines dans la discrimination faite au juifs (ce qui a poussé Herzl à penser un état juif n’est autre que l’affaire Dreyfus).
D’ailleurs la responsabilité de l’Europe, et notamment l’Angleterre dans la naissance du conflit entre juifs et arabe va se renforcer par la suite, enfin la réaction des ottomans qui ne se préoccupent pas plus que ça du sort palestinien est l’exemple du comportement que la plupart des pays arabes adopteront par la suite.

Je m’arrête la pour ce soir,car si je me laisse aller à faire un résumé trop simple cela conduira nécessairement à des erreurs, et déformations, ce que je ne souhaite pas, on entend tellement de tout à propos de ce conflit j’aimerais éviter de tomber dans les clichés.
Voilà dites moi ce que vous en pensez
Omar799
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Messagepar Omar799 » dim. nov. 30, 2008 5:51 am

Salam !
Grazou, Merci pour ton partage. Mais avant de dire ce que j’en pense personnellement; pour étayer davantage l’étendu de cette ampleur historique, je ferais également part d’une toute nouvelle réponse historique d’un Universitaire et Historien Israélien tirée du «Monde Diplomatique» de ce mois d’août dernier que je juge fort intéressante car çà résume avec brio la complexité de la situation globale ayant principalement pour fondement, le mythe !
Omar799
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Messagepar Omar799 » dim. nov. 30, 2008 5:54 am

{"Comment fut inventé le peuple juif
Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora
ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà
qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise
! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.

Par Shlomo Sand

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah (
1)
dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise »,
où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à
deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au
fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A
la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement
repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire,
arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente
de la population locale.

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé,
dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le
peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en
cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif
national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques
de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements
d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur
« qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart
des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes,
géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste.
On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos
craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour
par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la
première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des
communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens,
en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte
ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer
ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la
possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre
promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci... était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans
l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence,
à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil
au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes
perses naîtra le monothéisme juif.

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora
tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur
tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres,
même après la destruction du second temple.

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe
siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion,
fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les
paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée (
2).

A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière
le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte
de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud
de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient
et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier
royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains
latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud (
3)
autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des
réserves à son sujet.

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges
du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants
conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle,
de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine
juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements
de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle.
L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre
vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande
culture yiddish (
4).

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils
sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient
d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs
font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis
les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs
du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis
que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive (
5)
dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu
à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme
immigrants russes ou travailleurs immigrés.

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas
considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs
du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident.
Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant
le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes
appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles
ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation.
Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des
chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers
aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités
fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

Shlomo Sand
Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, à paraître chez Fayard en septembre."}




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socrate
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Messagepar socrate » dim. nov. 30, 2008 8:10 am

salam grazou, merci pour ton sujet! à quand la suite.....
grazou31
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Messagepar grazou31 » dim. nov. 30, 2008 10:51 am

socrate a écrit :salam grazou, merci pour ton sujet! à quand la suite.....


bientôt inch'allah :wink:
Ozan
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Messagepar Ozan » dim. nov. 30, 2008 11:06 am

Salam

trés trés interessant tout çà , bravo à Grazou et à Omar

Ozan

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