Les 10 plus grands auteurs et poètes arabes

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La littérature arabe a fortement marqué sa présence de tous temps, elle regorge de trésors : les auteurs arabes écrivaient aussi naturellement que Socrate parlait. Les ouvrages de chaque auteur ou poète étaient aussi immenses qu’ils étaient nombreux.
Chaque auteur avait sa propre manière d’extérioriser ce qui préoccupait son esprit ; une rancœur accumulée qui le poussait à dénoncer et à fustiger ceux qui l’ont humilié, ou une gratitude à présenter.

Les informations a propos les auteurs arabes qui existaient avant l’Islam sont très rares. Il existe une trace d’une œuvre, le « livre de job », qui date de la plus haute antiquité et qui fût composé par un arabe de l’Idumée. La preuve la plus claire et la plus indubitable, c’est que le traducteur hébreu n’a laissé dans sa traduction plus de cent mots arabes qu’apparemment il n’entendait pas.
Après l’Islam, la littérature arabe a connu une grande prospérité au point qu’il devint très difficile de sélectionner une dizaine ou une vingtaine d’auteurs comme étant les plus grands de tous les temps car chacun d’eux avait un don particulier qui le laissa gravé dans les mémoires.

EL DJAHED a toujours aimé le savoir et la lecture, il était très aimé par son entourage social, ses œuvres étaient sur des sujets différents ; la politique, l’histoire, les mœurs, les plantes, la langue et autres… Il n’a laissé pas moins de 280 livres qui occupent une très importante place dont la bibliothèque arabe …et qui ne connaît pas l’avare !

EL GHAZALI avait son propre cachet, il a étudié la jurisprudence, la science du langage et a lutté contre les philosophes, ses œuvres sont très présentes, surtout le livre de « la revivification de la science de religion ».

AL FARABI a été surnommé le deuxième maître pour sa vaste connaissance en philosophie, ses œuvres sur la musique et sur la logique sont traduites actuellement grâce à leur importance.

IBN SINA, dit Avicenne, était un philosophe, médecin, et mystique persan. Il était le canon de son époque au point ou il a pu faire éclipser les travaux faits avant lui, ses œuvres font preuve de ses capacités immenses et le livre « el-shifa » en témoigne.

IBN KHALDOUN, le grand penseur et son « mouquadima » qui est gravé dans les mémoires. Le fait que l’on soit en train de vivre ses idées est la plus grande preuve de sa réussite.

AHMED AMINE était connu par sa persévérance, il était un auteur bien instruit ; et bien qu’il occupait des postes administratifs, il avait toujours un amour particulier pour la recherche et de l’écriture. Sa production littéraire était importante et sa trilogie « fadjr el islam », « Doha el islam » et « dohr el islam » a eu un grand succès.

TAHA HOCEIN, un grand. Son handicap n’a fait qu’augmenter sa volonté, ses livres dépassent les 80, sans compter ses articles publiés dans les journaux. « el ayam », « hadith el arbiaa »,…faisaient partie de ses célèbres œuvres.

ABBES MAHMOUD EL AKKAD a toujours compté sur sa petite personne qui a fait de lui « un personnage de marque ». Il aimait beaucoup la lecture ; c’était un journaliste, écrivain et poète. Il a composé plus de 100 livres à propos des personnages islamiques, une sorte de réponse aux campagnes enragées portées sur l’islam.

GIBRAN KHALIL GIBRAN, poète et peintre libanais. Il fut l’un des pionniers des lettres arabes à la fin du XIX siècle. « Le prophète » est son chef-d’œuvre. Paru en 1923, c’est une œuvre poétique faite d’aphorismes et de sagesse. Aux questions de la vie (la spiritualité, l’amour, l’amitié, la vie, la mort, l’existence, la liberté…) un homme, le prophète répond. Des thèmes universels y sont abordés d’une manière simple et intelligente. Un livre de chevet pour tous et à tous les moments de la vie. Il est intemporel et mérite bien son appellation de livre culte.

NAGUIB MAHFOUZ, le premier arabe à recevoir le Nobel de littérature (1988) est un Egyptien né en 1911. Il entre dans la littérature alors qu’il n’a pas vingt ans. Au fil de plus de cinquante romans et recueils de nouvelles, il décrit sa société et sa ville le Caire et ses gens pendant près d’un siècle. La Trilogie du Caire rédigée dans les années 50 comprend « L’Impasse des deux palais », « Le Palais du désir », « Le Jardin du passé ». Un incroyable mélange des codes du roman européen et la subtilité de la langue arabe. Naguib Mahfouz, le père fondateur du roman arabe moderne dira cette phrase lorsque sa fille a reçu le prix Nobel pour lui (Il n’a jamais quitté le Caire même pour recevoir le prix Nobel) :  » Je suis le fils de deux civilisations, pharaonique et islamique, qui formèrent un temps un mariage heureux « .

Chacun de ces auteurs a eu une manière de préserver son nom dans l’histoire. La créativité de l’auteur n’a jamais compensé une absence de logique : c’est une multi logique qui laisse le fonctionnement de l’esprit dans l’acte de création et de la résolution de problèmes divergents. L’auteur emprunte différents chemins logiques, sans limitation.

118 thoughts on “Les 10 plus grands auteurs et poètes arabes

  1. Le plus grand de tous les penseurs du monde c’est Abou Hamid Alghazali. et le plus grand de tous les poetes c’est Abou Taib El Moutanabi

  2. Je pense que vous avez cité en tête des poétes ceux qui illustre l’édification de votre fameux goût; mais attention, le pays de 2millions de poétes vous trouve restreint, et vous invite à connaitre Ibrahima Niass du Sénégal qui surpace par ses motqs et leurs poids la compréhension humaine et son disciple Cheikhany qui est sans contestation le maître suprême de la poésie.

  3. Dans tous ces commentaires, j’ai cherché un résumé de la biographie du poète Abou Tayeb Al Moutanabi mais malheureusement…..il était parmi les plus grand poètes arabes, c’est dommage qu’on ne peut pas avoir une idée sur la vie de tous ces grands qu’on n’en retrouve plus de nos jours .

  4. Tous ces auteurs arabes apportent chacun leur contribution à l’édifice de la culture littéraire arabe. A quoi bon dénigrer la place de certains pour en légitimer d’autres!

  5. Je pense que personne n’a a se vanter ou à s’accaparer la mémoire de ces grands personnages qui ont marqué leurs temps chacun à sa manière. C’étaient des Hommes comme nous tous qui aspiraient à un monde meilleur. Ils étaient constamment plongés dans leurs recherches sans se préoccuper des futilités d’actualités d’aujourd’hui qui nous divisent au lieu de nous réunir. Et en fin de compte, ils ont fini par faire avancer le monde.

  6. la littérature Arabe se divise en plusieurs thème constituant des école et à la tête de chaque école on a sélectionner un maitre . ex : Emroo-Lqaiss désigné comme maitre de l’école de la poésie d’avant l’Islam . Omar bno Abi Rabiaa maitre de l’école de la poésie qui touche l’intimité féminine (on ne peut pas citer ses poèmes en famille , comme s’il s’agit d’un film porno de nos jours ) Jamil bno MAAMAR Un poète maitre qui respecte la femme le contraire du précèdent en quelque sorte …et la liste est très,très longue en ce qui concerne la poésie , et les autres sciences et arts : histoire , geo,philo , chimie , physique , sociologie,découvertes , les inventions ,Religion , musique,danse ,théâtre….etc…

  7. de premiere impression, j’avoue avoir ressenti une satisfaction degagée du fait qu’il existe encore une chance pour les arabes de redonner la flamme à la litterature arabe et ce qui me rassure le plus ,c ‘est qu’il existe effectivement le chemin de triomphe et nos comtemporains ont certes le pouvoir de le faire et de le réussir ,je ne me vois pas entrain de me perdre du temps a chercher d’ou vient ceci ou bien d’ou descent cela ,ces personnes n’ont pas fait le calcul en réalisant leurs oeuvres ,c ‘etait une sortes de presents dédiés a toute l’humanité sans dispatching ,personnelement, je pense que tant que nous continuons a voir les choses d’un angle bien définit ,on ne réussira point a voir nettement les vérités ,pensez a ce qu’il est vrai et non a ce que nous en pensons ,je vois un grand espoir en vous , alors ne vous attardez pas sur des echanges passifs sur l’identité et le pattriotisme ,defndez vottre vrai identité ,celle de voir votre nation au devant de la scène , Musulmans ,bérbers ,arabess ou juifs ,vous etes apres tous citoyens du monde , faites lui du bien ,merci

  8. Juste un petit recrtificatif; Ghazali et Ibn Sina ne sont pas arabes .Ils sont Perses, même s’ils ont écrit une partie de leur oeuvre en arabe.

  9. Le plus grand des philosophes arabes était quand même Aveorrès autrement dit Abu’l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue. Il était profondément contre l’Islam qu’il cataloguait à juste titre de religion rétrograde.
    Le temps lui a donné largement raison, il y a qu’à voir aujourd’hui!!!

  10. Salut à tous, vous m’impressionnez par vos commentaires, mais je crois que tousles auteurs arabes que vous avez cité sont nos comtemporains. Est-ce que quelqun pourrait m’instruire sur des auteurs qui ont vécu au moyen age comme Ibn Al-Athir, Inb Awqal, Al-Muqqadasi etc. J’aimerais recevoir les information à l’addresse électronique suivante: al.kashshab@hotmail.fr , merci d’avance.

  11. la litterature arabe est un ocean sans limite ,et ce serait ridicule de la limiter a dix poetes ou ecrivains ou philosophes

  12. tous les plus grands penseurs mystiques sont des penseurs de la grandes époque "arabe" il est vrai que l’on peut être fier, mais cela va plus loin que la simple fierté, car cela suppose que nous soyons, nous issus des peuples arabo musulmans, que l’on soit pratiquants ou pas, les garants de ce savoir qui, malheureusement n’est pas acquis, et pour preuve, l’allienation des masses qui ne cherchent ni à comprendre, ni à apprendre, car en fin de compte, il ne s’agit ni de croyance, puisque croire n’est pas un fondement, encoremoins le savoir, qui peut prétendre savoir, il est donc nécessaire d’écouter, de lire, de partager ses points de vue, il existe sur terre près de 6 milliards de points de vue, et même si ceux ci convergent parfois, ne pas oublier que nous sommes chacun et chacune, unique, alors être fière, peut être pas, mais certainement, on ne doit pas en avoir honte…

  13. a chaque écrivain son époque et ses admirateurs vouloir les classer c’est vouloir classer les éoiles dans le firmament

  14. Je trouve que les commentaires de " Aigle de Carthage " sont les plus rationnels, les plus sérieuses et les plus constructives. Dieu merci qu’il y a encore des gens dans nos fiefs, qui ont cette clarté d’esprit et de pensée, qui les permette d’éviter des mesquineries qui font qu’envenimer les relations entre des personnes qui oublient, qu’enfin de compte, ils sont des frères

  15. Je crois qu’il faut rejeter cette maniere pour le moins subjective de limiter à dix le nombre des plus brillants esprits arabes .Aprés vous pouver citer à loisir Taha Hussein ou Najib Mahfoud parceque pour ma part je ne vois pas bien ce que vous en faites d’un Al moutanabi ou, je cite au hasard, d’un Malek Bennabi etc…

  16. il faut aussi citer les auteurs modernes tels: yasmina khadra,tahar ben jalloun,boudjedra,mohammed Dib, mouloud feraoun ,Mahmoud derwich,amine Maalouf etc.
    ils ont beaucoup de talent et de merite

  17. Slt, si vous le permettez, je voudrais rajouter un nom célébre musulman, un génie de son temps et des temps qui courent, il s’agit d’Al Khawarizmi que je n’ai pas eu l’occasion de lire parmi ces grands noms que l’histoire retiendra longtemps. Al-Khawarizmi, né vers 783, originaire de Khiva dans la région du Khwarezm qui lui a donné son nom, mort vers 850 à Bagdad, il était mathématicien, géographe, astrologue et astronome arabophone d’origine perse de confession chiite.

    Il est à l’origine des mots algorithme (qui n’est autre que son nom latinisé) qu’on utilise en informatique pour écrire des logiciels et algèbre (issu d’une méthode et du titre d’un de ces ouvrages) ou encore de l’utilisation des chiffres arabes dont la diffusion dans le Moyen-Orient et en Europe provient d’un autre de ces livres (qui lui-même traite des mathématiques indiennes) et de l’habitude de désigner l’inconnue par la lettre x dans une équation.

    Son apport en mathématiques fut tel qu’il est souvent surnommé « le père de l’algèbre ». En effet, il fut le premier à répertorier de façon systématique des méthodes de résolution d’équations en classant celles-ci.

    Il ne faut pas confondre ce savant avec un autre mathématicien perse aussi calé dont le nom est: Abu-Abdollâh Mohammad Khuwârizmi qui lui est l’auteur de Mafâtih al-‘Olum (ouvrage de mathématiques écrit vers 976).

    Un cratère de la Lune a été nommé en son honneur : Al-Khwarizmi. Quel Honneur, "Arfed rassek abba". Mus. K.

  18. Collection « Les auteur(e)s classiques »
    Ibn Khaldoun, Les prolégomènes. Troisième partie (1863)
    Extraits: Des sciences intellectuelles et de leurs diverses classes

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    Une édition électronique réalisée à partir du texte d’Ibn Khaldoun [Historien, philosophe, sociologue, juge, enseignant, poète, aussi bien qu’homme politique], Les prolégomènes. Troisième partie (1863). Traduits en Français et commentés par William MAC GUCKIN, Baron DE SLANE, membre de l’Institut. (1801-1878). Reproduction photomécanique de la troisième partie des tomes XIX, XX et XXI des Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale publiés par l’Institut de France (1863). Paris. Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1938, 574 pages. Une édition numérique réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris.

    Extraits
    Des sciences intellectuelles et de leurs diverses classes

    Les sciences intellectuelles, étant naturelles à l’homme en tant qu’il est un être doué de réflexion, n’appartiennent pas spécialement à une seule nation ; on voit que tous les peuples civilisés se sont adonnés à leur étude et ont connu, aussi bien les uns que les autres, quels en étaient les principes et quelles étaient les ques­tions dont elles traitaient. Ces sciences ont existé pour l’espèce hu­maine depuis qu’il y a eu de la civilisation dans le monde. Elles s’appellent aussi sciences philosophiques et philosophie (hikma). Il y en a quatre :

    1° la logique, science qui garantit l’esprit contre les faux jugements et enseigne comment on dégage l’inconnu que l’on cherche des principes que l’on possède et que l’on connaît. Son utilité consiste à faire distinguer le vrai du faux dans les questions qui se rattachent aux concepts et aux notions affirmées, tant essentielles qu’accidentelles, pour que l’investigateur parvienne à constater le vrai en toute chose par la puissance de sa faculté réflective [et sous la forme d’une affirmation ou d’une négation] ;

    2° la science de l’investigation, qui, chez les philosophes, a pour objet, soit les choses sensibles, telles que les éléments et les corps qui en sont composés, savoir : les minéraux, les plantes, les animaux ; les corps célestes et (leurs) mouvements naturels, ou bien l’âme, d’où procèdent les mou­vements, etc. cela s’appelle la science de la nature (la physique) ;

    3° la science, qui sert pour l’examen des choses surnaturelles, telles que les êtres spirituels, et qui s’appelle la métaphysique (ilahiya) ;

    4° la science qui examine les quantités. Celle‑ci se partage en quatre branches, qui forment les mathématiques (tealîm).

    La première est la géométrie (hendeça), au moyen de laquelle on examine les quantités prises absolu­ment, tant les quantités nommées discrètes, parce qu’elles peuvent se compter, que les quantités continues, savoir : celles d’une seule dimension, celles de deux dimensions et celles de trois, c’est‑à‑dire, la ligne, la surface et le (solide ou) corps géométrique. La géométrie examine ces quantités et les changements qu’elles éprouvent, soit dans leur essence (ou nature), soit dans leurs rapports mutuels.

    La seconde branche est l’arithmétique (aritmatîki). Elle donne la connais­sance des changements que subit la quantité discrète, c’est-à-dire le nombre, des propriétés qui s’y trouvent et des accidents qu’elle éprouve.

    La troisième branche est la musique (moucîki) ; elle nous fait connaître les rapports des sons entre eux et les rapports des tons aux tons, ainsi que la manière de les apprécier numériquement. Son utilité consiste à faire connaître les lois de la modulation dans le chant.

    La quatrième branche est la science de la forme (du ciel, c’est‑à‑dire l’astronomie). Elle détermine la configuration des sphères et leurs positions, indique les positions de chaque étoile [soit] errante [soit fixe], et s’occupe d’obtenir la connaissance de ces choses en étudiant les mouvements réels et évidents de chacun des corps célestes, leurs rétrogradations et leurs mouvements directs.
    … Chacune de ces sciences se partage en plusieurs branches : de la physique dérive la médecine ; de l’arithmétique dérivent la science du calcul, celle du partage des successions et celle dont les hommes ont besoin dans leurs transactions commer­ciales ou autres ; l’astronomie comprend les tables, c’est‑à‑dire, des systèmes de nombres au moyen desquels on calcule les mouvements des astres, et qui fournissent des équations servant à faire reconnaître les positions des corps célestes, toutes les fois qu’on le désire. Une autre branche de l’astronomie, c’est l’astrologie judiciaire. Nous par­lerons successivement de toutes ces sciences jusqu’à la dernière inclusivement.

    Il paraît, d’après nos renseignements, qu’avant l’établissement de l’islamisme, les peuples les plus dévoués à la culture de ces sciences furent ceux des deux puissants empires, celui de la Perse et celui de Roum (la Grèce). Chez ces peuples, m’a‑t‑on dit, les marchés de la science étaient bien achalandés, parce que la civilisation y avait fait de grands progrès et qu’antérieurement à la promulgation de l’isla­misme ils exerçaient chacun une domination vaste et très étendue. Aussi ces sciences débordèrent-elles, comme des océans, sur leurs provinces et dans leurs grandes villes.

    Les Chaldéens, et les Assyriens (Seryaniyîn) avant eux, et les Coptes, leurs contemporains, s’appliquaient avec ardeur à cultiver la magie, l’astrologie et ce qui en dépend, savoir la science des influences (planétaires) et celle des talismans. Les Perses et les Grecs apprirent d’eux ces sciences, et les Coptes se distinguèrent particulièrement dans cette étude ; aussi (les sciences occultes) inondèrent‑elles, pour ainsi dire, leur pays. Cela s’accorde avec ce qui se lit (dans le Coran) au sujet de Harout et Marout et des magiciens (de Pharaon), et avec ce que les hommes savants (dans cette partie) racontent des berbi de la haute Égypte.

    Plus tard, chaque religion imita celle qui l’avait précédée en dé­fendant l’étude de ces sciences, de sorte que celles-ci finirent par disparaître presque entièrement. Rien ne s’en est conservé, — qu’elles soient vraies ou non ; Dieu le sait ! — excepté quelques restes que les gens adonnés à cette étude se sont transmis les uns aux autres, bien que la loi en ait défendu la pratique et qu’elle tienne son glaive suspendu sur les têtes des contrevenants.

    Les sciences intellectuelles acquirent une grande importance chez les Perses, et leur culture y fut très répandue ; ce qui tenait à la grandeur de leur empire et à sa vaste étendue. On rapporte que les Grecs les apprirent des Perses à l’époque où Alexandre tua Darius et se rendit maître du royaume des Caïaniens. Alexandre s’empara alors de leurs livres et (s’appropria la connaissance) de leurs sciences. Nous savons cependant que les musulmans, lors de la conquête de la Perse, trouvèrent dans ce pays une quantité innombrable de livres et de recueils scientifiques, et que (leur général) Saad Ibn Abi Oueccas demanda par écrit au khalife Omar Ibn al‑Khattab s’il lui serait per­mis de les distribuer aux vrais croyants avec le reste du butin. Omar lui répondit en ces termes : « Jette‑les à l’eau ; s’ils renferment ce qui peut guider vers la vérité ; nous tenons de Dieu ce qui nous y guide encore mieux ; s’ils renferment des tromperies, nous en serons débar­rassés, grâce à Dieu ! » En conséquence de cet ordre, on jeta les livres à l’eau ou dans le feu, et dès lors les sciences des Perses disparurent au point qu’il ne nous en est rien parvenu.

    Passons aux Roum (les Grecs et les Latins). Chez ces peuples l’empire appartint d’abord aux Grecs, race qui avait fait de grands progrès dans les sciences intellectuelles. Leurs hommes les plus célèbres, et surtout (ceux qu’on appelle) les piliers de la sagesse, soute­naient tout le poids de ces doctrines, et les péripatéticiens, gens du portique, s’y distinguaient par leur excellent système d’enseignement. On dit qu’ils donnaient des lectures sur ces sciences à l’abri d’un portique qui les garantissait contre le soleil et le froid. Ils préten­daient faire remonter leur doctrine à Locman le sage, qui l’aurait communiquée à ses disciples, qui l’auraient transmise à Socrate. Celui-ci l’enseigna à son disciple Platon, qui la transmit à Aristote, qui la passa à ses disciples Alexandre d’Aphrodisée, Themistius, et autres. Aristote fut le précepteur d’Alexandre, roi des Grecs, celui qui vainquit les Perses et leur enleva l’empire. De tous les philosophes, Aristote était le plus profond et le plus célèbre. On l’appelle le premier des instituteurs (el-moallem el-aouwel), et sa renommée s’est répandue dans l’univers.

    Après la ruine de la puissance des Grecs, l’autorité souveraine passa aux Césars, qui, ayant embrassé la religion chrétienne, défen­dirent l’étude de ces sciences, ainsi que cela se fait par les lois de tous les peuples. Dès lors, les sciences intellectuelles restèrent enfermées dans des livres et dans des recueils, comme pour demeurer éternellement dans les bibliothèques. Quand les musulmans s’em­parèrent de la Syrie, on trouva que les livres de ces sciences y étaient encore restés.

    Dieu donna ensuite l’islamisme (au monde). Ceux qui professent cette religion obtinrent un triomphe sans égal et enlevèrent l’empire aux Roum (de la Syrie), comme ils le firent à bien d’autres peuples. Habitués à la simplicité (de la civilisation nomade), ils n’avaient jamais tourné leur attention vers les arts ; mais, lorsque leur domination se fut affermie ainsi, que leur empire, lorsque l’adoption de la vie sédentaire les eut conduits à un degré de civilisation que jamais aucun peuple n’avait atteint, lorsqu’ils se furent mis à cultiver les sciences et les arts dans toutes leurs ramifications, ils conçurent le désir d’étudier les sciences philosophiques, parce qu’ils en avaient entendu parler aux évêques et aux prêtres qui administraient les peuples tribu­taires, et parce que l’esprit de l’homme aspire naturellement à la connaissance de ces matières ; aussi (le khalife abbacide) Abou Djafer el-Mansour fit-il demander au roi des Grecs de lui envoyer les ouvrages qui traitaient des mathématiques, traduits (en arabe). Le roi lui expédia le livre d’Euclide et quelques ouvrages sur la phy­sique. Quand les musulmans en eurent pris connaissance, ils souhai­tèrent ardemment de posséder les autres écrits composés sur ces matières. El‑Mamoun arriva ensuite (au pouvoir). Ce prince, était grand amateur des sciences, parce qu’il les avait cultivées et, ressentant une vive passion pour les sciences (intellectuelles), il envoya des ambassadeurs aux rois des Grecs, afin de faire mettre en arabe les ouvrages scientifiques de ce peuple et de les introduire dans son pays. A cet effet, il fit partir (avec eux) plusieurs interprètes, et parvint ainsi à recueillir la totalité de ces traités. Dès lors les musulmans qui s’occupaient des connaissances spéculatives s’appliquèrent à étu­dier ces sciences dans toutes leurs branches et y devinrent très habiles. Ils portèrent leurs investigations si loin qu’ils se mirent en état de réfuter un grand nombre d’opinions émises par le premier instituteur (Aristote). Ce fut aux doctrines de celui-ci qu’ils s’atta­chèrent particulièrement, soit pour les réfuter, soit pour les soutenir, parce qu’il était le plus célèbre (d’entre les philosophes). Ils com­posèrent de nombreux traités sur ces sciences et (par leur grand savoir ils) surpassèrent tous leurs devanciers.

    Ceux d’entre les musulmans qui arrivèrent au premier rang dans ces études furent Abou Nasr el‑Farâbi et Ibn Sîna (Avicenne), tous les deux natifs de l’Orient, et le cadi Abou ’l‑Ouelîd Ibn Rochd (Aver­roès), et le vizir Abou Bekr Ibn es-Saïgh, natifs d’Espagne. Je ne parle pas des autres. Ces hommes montèrent au degré le plus élevé dans la connaissance des sciences intellectuelles et acquirent une grande réputation.

    Beaucoup de personnes se bornèrent aux mathématiques et aux sciences qui en dépendent, telles que l’astrologie, la magie et la con­fection des talismans. Parmi ceux qui se distinguèrent le plus dans cette partie furent [Djaber (Geber) Ibn Haïyan, natif de l’Orient], Maslema Ibn Ahmed el‑Madjrîti, natif d’Espagne, et les disciples de celui-ci. Les sciences dont nous parlons s’introduisirent, avec ceux qui les cultivaient, chez le peuple musulman et fascinèrent telle­ment les esprits que beaucoup de monde s’y laissa attirer et y ajouta foi. Ceux qui ont commis (ce péché) doivent subir les conséquences de leur faute, et, si Dieu l’avait voulu, ils ne l’auraient pas fait. (Coran, sour. VI, vers. 112.)

    Lorsque le vent de la civilisation eut cessé de souffler sur le Maghreb et l’Espagne, et que le dépérissement des connaissances scientifiques eut suivi celui de la civilisation, les sciences (occultes) disparurent de ces deux pays au point d’y laisser à peine une trace de leur exis­tence. On, en trouve seulement quelques notions, chez de rares indi­vidus, qui doivent se dérober à la surveillance des docteurs orthodoxes.

    J’ai appris qu’une forte provision de ces connaissances s’est trouvée, de tous les temps, dans les pays de l’Orient et surtout dans l’Irac persan et la Transoxiane. On m’a dit qu’on y cultive avec un grand em­pressement les sciences intellectuelles et les sciences traditionnelles (religieuses). Cela provient du haut degré de civilisation auquel ces peuples sont parvenus et de leur longue habitude de la vie sédentaire. J’ai trouvé en Égypte plusieurs ouvrages sur les sciences intellectuelles composés par un personnage très connu sous les surnoms de Saad ed‑Dîn et‑Teftazani, et qui est natif de Herat, une des villes du Khoraçan. Ses traités sur la scolastique, sur les bases de la jurisprudence et sur la rhétorique, montrent qu’il possède des connaissances très profondes dans ces branches de science et indiquent, par plusieurs passages, qu’il est très versé dans les sciences philosophiques et intellectuelles. Et Dieu aide celui qu’il veut. (Coran, sour. III, vers. 11.)

    Je viens d’apprendre que, dans le pays des Francs, région composée du territoire de Rome et des contrées qui en dépendent, c’est-à‑dire celles qui forment le bord septentrional (de la Méditerranée), la culture des sciences philosophiques est très prospère. L’on me dit que les sciences y ont refleuri de nouveau, que les cours insti­tués pour les enseigner sont très nombreux, que les recueils dont elles font le sujet sont très complets, qu’il y a beaucoup d’hommes les connaissant à fond, et beaucoup d’étudiants qui s’occupent à les apprendre. Mais Dieu sait ce qui se passe dans ces contrées.

  19. Réponse à west_coas_allg
    Il aurait été préférable de formuler votre commentaire dans votre langue maternelle au lieu de martyriser la langue d’autrui.

  20. vous avez oublié abou tayeb al motanabi et d’autres mais je crois qu il a des gens ici qui parlent pour ne rien dire

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