Yasmina Khadra, primé par le magazine littéraire  » Lire  » pour son dernier roman

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L’écrivain algérien Yasmina Khadra vient de recevoir le prix du meilleur romancier de l’année en France, prix obtenu par le magazine « Lire », un magazine français qui se spécialise en littérature. Cette distinction vient récompenser l’auteur pour son dernier roman « Ce que le jour doit à la nuit », publié aux éditions Julliard en août 2008.

Lors de la rentrée littéraire qui a lieu en France chaque année en septembre, Yasmina Khadra avait déjà reçu le prix « France Télévision ». Ce que le jour doit à la nuit, est un roman d’amour qui se situe pendant les dernières années de la colonisation française en Algérie. Une française et un algérien s’aiment au-delà de l’Histoire qui se fait autour d’eux, des contradictions, de la guerre.

Yasmina Khadra, de son vrai nom, Mohammed Moulessehoul est né le 10 janvier 1955 dans le sud algérien. A l’âge de 9 ans, il intègre l’Ecole des cadets de la Révolution de Tlemcen. S’ensuit une carrière militaire qui ne prendra fin qu’en 2000. Mais, l’armée n’a pas empêché à Mohammed Moulessehoul d’écrire…bien au contraire, puisqu’il publie son premier roman en 1997, alors qu’il est encore militaire. Obligé de garder le silence, et donc de prendre un pseudonyme il choisit Yasmina Khadra, car ce sont les deux prénoms de sa femme. Il a déclaré plus tard vouloir ainsi montre son admiration pour la femme algérienne. En 2001, il finit par avouer qu’il est Yasmina Khadra. Cet aveu va créer un petit vent de polémique surtout pour ceux et celles qui avaient pendant des années applaudi à cette Yasmina Khadra qui écrivait.

Aujourd’hui, Yasmina Khadra est directeur du centre culturel algérien à Paris. Sa réputation n’est plus à faire car en tant qu’écrivain, il a largement réussi à percer puisqu’il est traduit en plus de trente langues et que ses livres connaissent des adaptations cinématographiques.

Extrait de son dernier roman « ce que le jour doit à la nuit »
« … Puis, il y eut Emilie.
La première fois que je l’avais vue, elle était assise dans la porte cochère de notre pharmacie, la tête dans le capuchon de son manteau, les doigts triturant les lacets de ses bottines. C’était une belle petite fille aux yeux craintifs, d’un noir minéral. Je l’aurais volontiers prise pour un ange tombé du ciel si sa frimousse, d’une pâleur marmoréenne, ne portait l’empreinte d’une méchante maladie.
Bonjour, lui fis-je. Je peux t’aider ?
– J’attends mon père, dit-elle en se poussant sur le côté pour me céder le passage.
– Tu peux l’attendre à l’intérieur. Il gèle dans la rue.
Elle fit non de la tête.
Quelques jours après, elle revint, escortée par un colosse taillé dans un menhir. C’était son père. Il la confia à Germaine et attendit devant le comptoir, à l’intérieur de la pharmacie, aussi droit et impénétrable qu’une balise. Germaine conduisit la fille dans l’arrière-boutique puis la rendit à son père quelques minutes plus tard. L’homme posa un billet de banque sur le comptoir, prit la fille par la main et ils sortirent tous les deux dans la rue.
– Qu’est-ce que tu lui as fait ? demandai-je à Germaine.
– Sa piqûre… comme tous les mercredis.
– C’est grave, sa maladie ?
– Dieu seul le sait. »

Chapitre 8, Ed. Julliard, août 2008

Un commentaire sur “Yasmina Khadra, primé par le magazine littéraire  » Lire  » pour son dernier roman

  1. C’est peut-être le plus beau roman d’amour que j’aie jamais lu après celui du grand Gabriel Garcia Marquez "L’Amour aux temps du choléra".

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