Thématique : Alger accueille l'Art Moderne
Des années durant, les visiteurs et touristes cherchaient curieusement et parfois avidement les musées de celle qu’on nomme la ville blanche. En vain. Ce n’est que récemment que les lieux de cultures et d’Art ont rouvert avec à la clef l’inauguration du MAMA, le Musée d’Art Moderne d’Alger. Et pour l’occasion il fallait un endroit à la hauteur, en l’occurrence, les locaux des Anciennes Galeries Algériennes situé au niveau de la rue Larbi Ben M’hidi, qui étaient à l’abandon depuis des années. Petite virée sur l’histoire de l’Art moderne et la naissance d’un des musées les plus grands d’Afrique.
L’art moderne algérien s’inspire tout droit de l’artiste Mohamed Racim. Trois noms, trois hommes, vont essayer « d’injecter du neuf » dans un art Arabe rarement renouvelé, toujours épris de conservation et de traditions. Leurs tentatives si elles sont timides restent tout de même marquantes. Timides, car elles sont surtout le fruit d’une imitation des genres de l’époque comme le fauvisme et l’impressionnisme. Une jeune femme prendra alors la relève : Baya qui exposera en 1947 et dont André Breton apprécia les œuvres. Mais en fait, bien avant (dans les années 50) de jeunes artistes déclarent leur attention de trouver le moyen de concilier la beauté et les règles de la calligraphie arabo-musulmane avec les nuances et le modernisme occidentale. On pense alors à Issiakhem, Mohamed Khadda ou encore Choukri Mesli.
L’art moderne algérien –comme presque tous les arts algériens- se caractérise par son réalisme social, presque populaire puisqu’il se niche souvent dans les plus bas quartiers d’Algérie. L’Art Moderne connaît plusieurs périodes toutes encourageants jusqu’aux années 90 où il retombera. La décennie noire terminée, Karim Sergoua, jeune artiste, membre du groupe artistique Essebaghine va commencer à exposer des oeuvres très modernes qui réussiront le pari de convaincre beaucoup d’Algériens.
C’est dans ce contexte que quelques hommes sont nommés pour mener à bien le projet MAMA. Impressionnant est le terme qui revient à la bouche de tous les visiteurs. Des galeries blanches – un type de blanc spécialement créé pour le musée -, des baies vitrées, d’immenses tableaux contemporains, et une lumière éclatante, comme une renaissance, une façon de remettre à l’honneur l’Art. Ce style à la fois moderne et ancien est dû à Halim Faïdi, jeune architecte, qui a retravaillé ses galeries néo-mauresques (datant de plus d’un siècle) et d’une superficie de près de 15 000 m.
Ouvert depuis seulement décembre, dans le but d’en faire un des points forts de la manifestation culturelle « Alger, capitale de la Culture Arabe », les deux premières semaines furent consacrées à l’âge d’or des Sciences Arabes, comme un hommage à tous les pays Arabes présent dans la capitale Algérienne. Le Ministère de la Culture a eu, en outre, la bonne idée d’en faire un endroit accessible à tous, puisqu’il est ouvert tous les jours et que l’accès est totalement gratuit.
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